Société de gestion de flotte automobile : vers une gestion de flotte efficace et proactive

La gestion d’une flotte automobile a longtemps reposé sur une logique assez simple : disposer d’un inventaire fiable des véhicules, connaître les conducteurs auxquels ils sont affectés, suivre les contrats et anticiper tant bien que mal les principales échéances. Dans beaucoup d’entreprises, Excel a parfaitement rempli cette fonction et continue d’ailleurs à le faire. Le problème n’est donc pas le tableur lui-même, mais ce qu’on lui demande aujourd’hui. Une flotte moderne génère tellement d’informations, implique tellement d’intervenants et évolue à un rythme tel qu’un fichier, aussi bien construit soit-il, ne peut plus constituer à lui seul un véritable outil de pilotage.

C’est là qu’intervient une nouvelle manière d’envisager le fleet management. Une société de gestion de flotte automobile ne devrait plus uniquement être capable de dire combien de véhicules composent le parc, quels contrats arrivent à échéance ou quel collaborateur conduit quelle voiture. Elle doit progressivement pouvoir donner une vision beaucoup plus dynamique de la flotte : identifier ce qui évolue normalement, détecter ce qui s’écarte des prévisions et mettre en évidence les dossiers sur lesquels une décision devra être prise.

Cette évolution peut sembler essentiellement technologique. Elle est en réalité beaucoup plus profonde. Elle transforme la manière de travailler du gestionnaire de flotte et, surtout, la manière dont l’entreprise utilise ses données.

Une société de gestion de flotte automobile ne peut plus se limiter à enregistrer ce qui s’est passé.

Dans une gestion classique, beaucoup de décisions sont prises après l’apparition d’un événement. Un véhicule dépasse son kilométrage contractuel et l’on commence alors à examiner le dossier. Un contrat approche de son échéance et le renouvellement devient urgent. Une dépense énergétique augmente et l’on cherche ensuite à comprendre son origine. Une proposition de leasing arrive et le gestionnaire tente de déterminer si elle est réellement compétitive.

Cette manière de fonctionner n’est pas forcément mauvaise, mais elle oblige constamment à travailler dans l’urgence et laisse peu de temps pour optimiser les décisions.

Une société de gestion de flotte automobile moderne doit pouvoir intervenir plus tôt. Si le kilométrage parcouru au cours des derniers mois permet déjà de prévoir qu’un véhicule dépassera significativement les conditions de son contrat, l’information devient intéressante bien avant le dépassement lui-même. De la même manière, si un véhicule doit être remplacé dans huit ou neuf mois, il est plus utile de commencer à réfléchir à son renouvellement aujourd’hui que d’attendre les dernières semaines du contrat.

Le véritable progrès consiste donc à ne plus considérer la donnée comme une photographie du passé, mais comme un moyen de comprendre la trajectoire de la flotte.

Gestion classique vs gestion proactive

Point de comparaisonGestion classiqueGestion proactive
Échéances contractuellesTraiter les renouvellements à l’approche de la fin du contrat.Préparer les renouvellements en tenant compte des délais et des validations.
KilométrageConstater les dépassements.Détecter les écarts de trajectoire pour étudier un ajustement du contrat.
Offres de leasingComparer les offres lors de chaque demande.Comparer à conditions équivalentes et conserver un historique des consultations.
Recharge électriqueSuivre les montants facturés.Analyser les volumes, les tarifs et les lieux de recharge pour comprendre les écarts.
TCO²Utiliser le calcul prévisionnel au moment du choix.Confronter régulièrement les hypothèses initiales aux données observées.
OrganisationTraiter les demandes au fil de leur arrivée.Définir les étapes, les responsabilités et les alertes pour anticiper les blocages.

Passer d’une flotte documentée à une flotte observable

La plupart des entreprises disposent déjà d’une quantité conséquente d’informations. Elles se trouvent simplement à des endroits différents. Les ressources humaines connaissent les collaborateurs et leurs fonctions, les loueurs disposent des données contractuelles, les fournisseurs de cartes de carburant ou de recharge enregistrent les transactions, les garages interviennent sur les entretiens, l’assureur suit les sinistres et la comptabilité voit passer les factures.

Pris séparément, chacun de ces éléments donne une partie de l’histoire. C’est lorsqu’ils peuvent être rapprochés que la gestion devient réellement intéressante.

La notion de flotte « observable » résume assez bien cette évolution. Il ne s’agit pas de surveiller chaque véhicule en permanence ni d’accumuler le plus grand nombre possible de données. Il s’agit plutôt de disposer d’une information suffisamment complète et suffisamment récente pour comprendre ce qui mérite l’attention du gestionnaire.

Prenons une entreprise qui exploite une centaine de véhicules. Il est peu probable que les cent nécessitent une intervention le même jour. La majorité suit sa trajectoire normalement. Quelques-uns présentent peut-être un écart à surveiller et deux ou trois dossiers demandent réellement une décision. Une société de gestion de flotte automobile performante doit être capable de faire ressortir ces dossiers sans obliger le fleet manager à passer en revue l’ensemble du parc.

Cette logique de gestion par exception constitue probablement l’une des évolutions les plus importantes du métier. Le gestionnaire cesse progressivement de contrôler tout le monde pour vérifier que rien ne va mal ; il concentre son temps sur les situations qui présentent réellement un risque, une anomalie ou une possibilité d’optimisation.

La donnée prend de la valeur lorsqu’elle déclenche le bon processus.

Cette nouvelle approche apparaît très clairement dans la gestion des échéances. Une date de fin de contrat enregistrée dans un fichier reste une donnée passive. Il faut encore que quelqu’un pense à la consulter au bon moment et à entreprendre les démarches nécessaires.

Dans une organisation plus mature, l’approche de cette échéance peut au contraire déclencher un processus structuré. Plusieurs mois avant la fin du contrat, le dossier peut être identifié comme un renouvellement à préparer. Les conditions du collaborateur sont vérifiées, les règles de la car policy peuvent être appliquées et les différentes étapes nécessaires à la sélection du futur véhicule peuvent commencer sans attendre que le dossier devienne urgent.

Le même principe vaut pour de nombreux autres événements du quotidien. Un changement de fonction, un nouveau conducteur, un véhicule livré, une validation qui tarde, une donnée manquante ou un kilométrage qui s’écarte progressivement du contrat peuvent tous devenir le point de départ d’un workflow.

Le bénéfice n’est pas uniquement administratif. En structurant les processus, une société de gestion de flotte automobile peut également commencer à mesurer leur efficacité. Elle peut identifier les étapes qui prennent régulièrement trop de temps, voir où apparaissent les blocages et comparer la qualité de service des différents intervenants. La gestion du Day-to-Day cesse alors d’être une succession d’actions invisibles et devient elle-même une source d’informations pour améliorer l’organisation.

Le renouvellement d’un véhicule devient aussi un moment de benchmark.

Cette évolution est particulièrement intéressante lorsqu’il s’agit de comparer les sociétés de leasing. Dans de nombreuses entreprises, les offres sont encore demandées individuellement, reçues par e-mail puis reprises dans un tableau pour tenter de les comparer.

Le processus fonctionne, mais il présente deux limites. Il prend du temps et, surtout, l’information produite à l’occasion de chaque consultation est rarement capitalisée.

Or chaque renouvellement peut également devenir une occasion de tester le marché.

Lorsque plusieurs loueurs sont consultés sur une base identique, l’entreprise obtient une indication concrète de leur positionnement sur ce véhicule, à ce moment précis. Si cette information est conservée et structurée au fil des consultations, un véritable historique se constitue. L’entreprise peut alors mieux comprendre quels partenaires sont régulièrement compétitifs sur certains segments, où apparaissent les écarts importants et comment les différentes offres évoluent dans le temps.

Pour un cabinet de conseil en flotte automobile, cette mémoire du marché est beaucoup plus intéressante qu’une comparaison ponctuelle. Elle permet de challenger les fournisseurs sur la base de résultats observés et d’améliorer progressivement la stratégie d’achat ou de leasing.

Il ne s’agit donc plus seulement de simplifier la commande d’un véhicule grâce à un workflow. Il s’agit de transformer chaque commande en nouvelle donnée susceptible d’améliorer les suivantes.

La recharge électrique doit elle aussi devenir une donnée de pilotage.

L’arrivée massive des véhicules électriques dans les flottes professionnelles renforce encore cette nécessité d’avoir une vision plus précise de l’utilisation réelle des véhicules.

Avec un véhicule thermique, le suivi du carburant permet déjà d’identifier une partie importante du coût d’usage. Avec l’électrique, la situation devient plus complexe puisque la recharge peut avoir lieu au domicile du collaborateur, au bureau, sur une borne publique ou sur une infrastructure de recharge rapide. Le coût du kilowattheure peut alors être très différent selon l’endroit et le moment.

Connaître le montant total dépensé ne suffit donc pas toujours. Ce qui devient intéressant est de comprendre comment ce montant s’est constitué.

Une société de gestion de flotte automobile doit pouvoir aider l’entreprise à rapprocher, lorsque les données sont disponibles, les transactions de recharge des véhicules concernés et à observer la manière dont ils sont réellement utilisés. Si un véhicule qui devait principalement être rechargé à domicile utilise très fréquemment des bornes rapides publiques, son coût énergétique réel peut rapidement s’éloigner du scénario retenu lors de son choix.

L’information devient alors actionnable. L’entreprise peut se demander s’il existe un problème d’infrastructure, une mauvaise adéquation entre le véhicule et l’usage, une règle de recharge insuffisamment claire ou simplement un comportement qui mérite d’être mieux compris.

Ce n’est donc pas la quantité de données disponibles qui constitue le progrès, mais la possibilité de détecter ce type d’écart suffisamment tôt.

Du TCO² calculé au TCO² confronté à la réalité

La même logique doit être appliquée au coût total des véhicules.

Lorsqu’un véhicule est sélectionné, l’entreprise travaille nécessairement avec des hypothèses. Le kilométrage futur n’est pas encore connu, pas plus que la consommation exacte ou le coût moyen réel des futures recharges. Le calcul du TCO² constitue donc une projection, aussi rigoureuse soit-elle.

La gestion 2.0 permet d’ajouter une dimension essentielle à ce calcul : la confrontation régulière entre ce qui avait été prévu et ce qui est réellement observé.

Un véhicule devait parcourir 25 000 kilomètres par an, mais son conducteur est en train d’en parcourir 35 000. Une grande partie des recharges devait avoir lieu à domicile, mais le réseau public représente finalement une proportion importante de la consommation. Le coût réel évolue alors différemment du scénario initial.

L’enjeu n’est pas de recalculer le TCO² chaque matin. Il est de pouvoir repérer les situations dans lesquelles la réalité commence à s’éloigner suffisamment de l’hypothèse de départ pour justifier une analyse.

Pour une société de gestion de flotte automobile, cette capacité transforme le TCO² en outil de pilotage. Le calcul n’est plus uniquement utilisé avant la commande pour comparer plusieurs véhicules ; il devient également un moyen de vérifier, pendant toute la durée d’utilisation, si les décisions prises produisent les résultats attendus.

La vraie valeur du temps réel se trouve dans la décision.

On parle beaucoup de données en temps réel, parfois un peu trop rapidement. Toutes les sources d’information d’une flotte ne sont pas capables de communiquer instantanément, et toutes les données n’ont d’ailleurs pas besoin d’être mises à jour à la seconde.

L’enjeu est plutôt de disposer d’informations actualisées automatiquement avec une fréquence adaptée à leur utilisation. Un kilométrage, une transaction de recharge, une donnée de carburant, une échéance contractuelle ou un événement RH n’ont pas les mêmes exigences.

La question utile est donc moins « avons-nous du temps réel ? » que « avons-nous l’information suffisamment tôt pour pouvoir encore agir ? ».

Cette nuance est importante. Un tableau de bord peut être spectaculaire et pourtant peu utile s’il se contente de présenter une quantité impressionnante d’indicateurs. À l’inverse, quelques données correctement sélectionnées peuvent permettre à un gestionnaire de repérer immédiatement les dossiers qui méritent son attention.

C’est également là que se situe la différence entre un logiciel et un cabinet de conseil en flotte automobile. L’outil organise, rapproche et présente l’information. L’expertise humaine permet de comprendre ce qu’elle signifie et de déterminer la réponse appropriée.

Une société de gestion de flotte automobile doit permettre de rester maître de sa flotte.

Toutes les entreprises n’ont évidemment pas besoin d’externaliser leur fleet management. Certaines disposent d’un gestionnaire de flotte interne expérimenté et souhaitent simplement lui donner les moyens de travailler autrement.

Dans ce cas, l’objectif est clair : automatiser ce qui peut l’être, structurer les processus et mettre l’information utile à disposition du gestionnaire afin qu’il consacre moins de temps aux tâches répétitives et davantage à la gestion des exceptions, au contrôle des coûts et à l’amélioration de la politique automobile.

D’autres entreprises font face à une situation différente. Leur parc justifie une gestion professionnelle, mais pas nécessairement l’engagement d’un fleet manager à temps plein. Les tâches sont alors souvent réparties entre les RH, la finance, les achats ou la direction, avec le risque qu’aucune de ces personnes ne dispose réellement du temps nécessaire pour suivre l’ensemble.

Dans ce contexte, externaliser la gestion de votre flotte automobile peut avoir beaucoup de sens, à condition de ne pas réduire cette externalisation à une simple délégation administrative.

L’objectif n’est pas de remplacer la personne qui tient le fichier Excel par une personne externe qui tiendra un autre fichier à sa place.

Une entreprise qui décide d’externaliser la gestion de sa flotte automobile doit pouvoir attendre davantage : une vision structurée de son parc, des dossiers anticipés, des exceptions identifiées, des fournisseurs challengés et une information suffisamment actualisée pour comprendre ce qui se passe réellement dans sa flotte.

Le rôle d’iBlue : faire le lien entre l’information et la décision

C’est précisément dans cet espace qu’iBlue positionne son accompagnement.

iBlue n’est pas un loueur et ne remplace pas les sociétés de leasing. L’entreprise n’est pas davantage un assureur, un garage, un fournisseur de recharge ou un éditeur de logiciel. Tous ces acteurs conservent leur rôle et leur expertise.

Le rôle d’iBlue, en tant que société de gestion de flotte automobile et cabinet de conseil en flotte automobile, consiste à prendre de la hauteur sur cet écosystème, à organiser la gestion, à rapprocher les informations utiles et à aider l’entreprise à les traduire en décisions.

Cela peut signifier soutenir un fleet manager interne dans son organisation et ses analyses. Cela peut également signifier prendre en charge une partie plus importante de la gestion lorsque l’entreprise souhaite l’externaliser.

Dans les deux cas, la finalité reste la même : éviter qu’une flotte soit uniquement suivie à travers une succession de contrats, de factures et d’événements, et lui donner une véritable logique de pilotage.

De la gestion de flotte à l’amélioration continue

C’est peut-être là que se trouve finalement le changement le plus important.

Une flotte automobile n’est jamais figée. Les conducteurs évoluent, les kilométrages changent, les véhicules sont remplacés, les prix de l’énergie varient et les offres des loueurs se déplacent. Une décision parfaitement pertinente aujourd’hui peut devoir être reconsidérée demain.

Une société de gestion de flotte automobile moderne ne peut donc plus fonctionner uniquement par grandes décisions ponctuelles. Elle doit installer une logique d’amélioration continue, dans laquelle ce que l’on observe pendant l’utilisation des véhicules sert à mieux préparer les décisions suivantes.

Les écarts kilométriques peuvent aider à mieux dimensionner les futurs contrats. L’analyse des recharges peut influencer le choix d’un véhicule ou d’une solution énergétique. Les résultats des consultations auprès des loueurs peuvent améliorer les futures négociations. Les délais observés dans les workflows peuvent mettre en évidence un processus qu’il faut revoir.

La flotte apprend en quelque sorte de son propre fonctionnement.

C’est cette capacité qui marque véritablement le passage d’une gestion administrative à une gestion proactive.

Une entreprise peut choisir de développer cette compétence en interne. Elle peut aussi décider d’externaliser la gestion de sa flotte automobile auprès d’un partenaire capable d’assurer ce pilotage pour elle.

Dans les deux cas, l’objectif n’est plus simplement de savoir ce qui s’est passé.

Il est de disposer, au bon moment, des informations qui permettront de prendre une meilleure décision pour ce qui va suivre.

C’est ce que devrait aujourd’hui apporter une société de gestion de flotte automobile : non pas davantage de données, mais davantage de maîtrise.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une gestion de flotte proactive ?

Une gestion de flotte proactive consiste à utiliser les données disponibles pour anticiper les renouvellements, détecter les écarts de kilométrage ou de coûts et organiser les actions nécessaires. Elle permet au gestionnaire de concentrer son attention sur les dossiers qui demandent une décision.

Pourquoi comparer le TCO² prévisionnel aux données réelles ?

Le TCO² prévisionnel repose notamment sur des hypothèses de kilométrage, de consommation et de coût énergétique. Les comparer aux données observées permet d’identifier les écarts, d’en comprendre les causes et d’étudier les ajustements utiles pendant la durée d’utilisation du véhicule.

Peut-on externaliser seulement une partie de la gestion de flotte ?

Oui. Une entreprise peut conserver son gestionnaire interne et confier certaines missions à un partenaire : analyse des coûts, comparaison des offres de leasing, préparation des renouvellements ou structuration des processus. Le périmètre est défini selon ses besoins, ses ressources et les responsabilités qu’elle souhaite conserver.

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